| Le même jour que la Conquérante,
le dimanche 8 juin 2008, Laurent LESPAGNOL est allé en Haute-Savoie
participer à la Time Megève Mont Blanc à Megève pour un parcours de 110 km (parcours moyen). Temps du 1er 3h35'10, 919 classés. Voici son résultat : 346ème au scratch en 4h51'45, 111ème sur 241 dans la catégorie HB. |
| "Un virage à
droite et ça y est, je le vois le chalet... Il laisse deviner au loin le sommet de la Colombière, au bout d'un long serpent de route à flanc de rocher. Mon premier col en août 2006 (le seul avec Joux-Plane à ce jour, s'agissant d'un col de haute montagne!), c'était celui-là. C'était lors d'une sortie avec Jérôme (Cérini), il m'avait fallu presque 2 longues heures pour le vaincre à l'époque et je me souviens qu'en découvrant ce décor avec le chalet au loin sur la gauche, je m'étais dit que cela avait l'air presque plat et tout près... Cruelle désillusion : c'est bien la portion d'ascension la plus difficile, avec ses 9/10% de moyenne sur 3 kilomètres. Ce 8 juin, je ne me laisse pas surprendre, même si j'ouvre grand les yeux pour m'assurer que l'impression est la même que 2 ans auparavant. J'ai bien géré mon ascension, il m'en reste donc assez sous la pédale pour terminer la montée sans fléchir. Je mesure à cet instant le chemin parcouru en 3 années de vélo et plus encore celui qu'il me reste à faire pour m'amuser vraiment en montagne... Avant d'en arriver là, le départ de Megève se fait à 7h45 avec Raphaël Mottet et Francis Grancher. Petite balade jusqu'à Sallanches, avec une belle descente via Combloux, et nous voici arrivés dans la zone de départ. Raphaël file vers le sas des prioritaires (un vrai parcours de combattant pour obtenir son dossard !) tandis que Francis et moi nous tanquons sagement dans le dernier quart du peloton. A 8h30 (+10 mn d'attente...), nous nous élançons enfin et je fais ce que je sais faire, rouler en trombe jusqu'au pied du premier col, ou plutôt jusqu'à 2 km de Scionzier, il ne faudrait pas être K.O. dès le début de la montée ! 6 ou 7 petits paquets dépassés, c'est toujours bon pour le moral... Puis dès les premiers lacets de La Colombière, je m'installe dans un rythme à ma main, sachant que 16 km d'ascension m'attendent. La pente, douce au début, s'accentue assez rapidement, pour décliner jusqu'au Reposoir. Francis me rejoint et s'éloigne dès le premier km. J'aperçois vers le 4ème km Jean-René Bernaudeau sur le bas-côté droit de la route. Au Reposoir, je refais le plein (liquide et solide) avant d'aborder les 8 derniers km, que je sais sans répit jusqu'au sommet, avec même un passage de 150 m particulièrement sévère autour du 11ème km. Peu après le Reposoir, petite alerte : l'impression bizarre que le pneu arrière est dégonflé. Tellement certain que je mets pied à terre, mais il n'en est rien, ce n'est que le revêtement qui a procuré cette sensation. Je repars et rebouche le trou qui s'est créé avec le groupe du moment. Les 3 derniers km sont vraiment difficiles et me semblent bien longs. Mes douleurs au bas du dos, qui ont fait leur apparition rapidement après le Reposoir, s'accentuent en même temps que la pente. Au passage du col, je m'arrête quelques instants sur le bas côté, en évitant le ravitaillement pris d'assaut, pour manger et boire avant d'entamer la descente. Cette dernière se fait sur une belle route, avec un revêtement impeccable, mais n'étant jamais à l'aise dans les descentes, je perds du terrain. Qu'à cela ne tienne, le seul objectif aujourd'hui est de terminer. La sortie de Saint-Jean-de-Sixt marque le début de l'ascension du Col des Aravis, longue de presque 10 km et ça commence mal, le passage du 52 au 39 coince. C'est le déraillement assuré et c'est à nouveau un pied à terre pour remettre la chaîne à sa place. Je prends encore une fois une cadence mesurée, voulant plus que tout éviter les à-coups et changements de rythme intempestifs. La montée vers La Clusaz est plus rapide, la pente étant relativement peu importante. Dans la seconde partie de l'ascension, je commence à me lasser quelque peu, mais je dépasse à peu près autant que je me fais doubler, malgré ce satané dos. Le haut du col est très roulant et je me ravitaille rapidement sans m'arrêter cette fois, avant d'entamer la descente. Elle passe un peu mieux que la précédente, je prends un peu plus d'assurance - excepté le passage en tunnel, une horreur - et, après une rapide petite remontée, nous entrons dans le village de Flumet, bourgade très pittoresque. Là, je fais l'effort pour recoller à un petit groupe qui s'est créé dans le bas de la descente précédente et que j'avais en point de mire. Nous arrivons à la première bifurcation et j'évacue de mon esprit l'option 80 km... ce que je regrette très rapidement en entamant la montée des Saisies. Dur, dur comme entame le premier lacet. Pour ne rien arranger, la tête de course du 110 km nous croise dans l'autre sens, à l'endroit même où la veille Francis et moi avons croisé Karl à l'entraînement, et où, heureusement, la pente se calme un peu avant d'arriver à Notre-Dame de Bellecombe. Puis c'est une rapide descente avant de remonter vers Crest-Voland. Quel calvaire ! La pente est irrégulière, la route en assez mauvais état et coup sur coup, 2 sévères murs m'obligent à me mettre en danseuse pour garder mon rythme. Mon dos gueule à ma tête qu'il n'en veut plus ; chaque tour de pédale me fait désormais l'effet d'un coup de fouet. C'est loin le sommet ?? Qu'est-ce que je fous là ??? J'envie les autres gars de mon club qui sont partis à la "Conquérante", à Rouen, c'est tout plat !! Le panneau 5 km ! Encore 5 km ?!?! C'est pas possible, je n'y arriverai jamais ! 4.5 ; 4.4 ; 4.3 que c'est long ! C'est décidé, je basculerai sur le 110 . Le pire; c'est que je ne suis même pas essouflé. Tête en l'air, j'ai oublié de prendre le capteur de FC, mais jamais je ne suis dans le rouge, c'est certain. Tout se passe dans le dos et dans les jambes. J'ai peut-être un mauvais braquet (39x25/27), je devrais pouvoir mouliner plus, mais impossible. Je n'ai désormais plus qu'une idée en tête, le prochain ravitaillement... 3 km, un long replat me permet de reprendre de la vitesse, ce que j'arrive à faire sans problème. Puis un dernier effort jusqu'au sommet et le ravitaillement est en vue et avec lui, la fin du calvaire ! Il faut encore faire le tour du rond-point un peu plus loin (c'est de la cruauté) pour revenir passer le portique avant le ravito. Là, je me lâche, plusieurs verres de coca, banane et je prends tout mon temps pour m'étirer. Je fais remplir mon bidon (ce qui est tout à fait inutile, il ne reste que la descente vers Megève). Puis, je repars enfin. Ce sera la meilleure descente de la journée, je n'ai plus peur, et les 2 talus que je trouve dans cette descente sont passée en force. Il me faut faire néanmoins attention, la route étant très détériorée par endroits, je suis crispé sur mon guidon. Arrivé au carrefour au bas de la descente, à proximité de Flumet, une dernière bosse est avalée rapidement. De retour sur le plat, j'ai la surprise de voir me dépasser 2 pros de Bouygues Telecom, Mathieu SPRICK et Dimitri CHAMPION, en pleine discussion !!! Suivis de près par un Laurent DEBAENE très puissant. Puis j'en termine enfin au bout de 4h51 pour les 109 km, le dos et les jambes explosées, mais à peine essouflé. Après m'être changé et ravitaillé (dans le restaurant de mon cousin Philippe..."Au Vieux Moulin", en face de la Poste), j'attends l'arrivée de Francis puis nous prenons notre repas avec Raphaël, auteur d'un brillant résultat sur le 140 km et Patricia Berthelier, vainqueur de sa catégorie et même pas fatiguée par ses 7h de selle ! Je ne vois pas Karl qui a certainement dû repartir ni André, qui prendra son repas alors que nous assistons à la longue cérémonie de remise des récompenses et au tirage au sort. J'y retournerai volontiers, mais avec une préparation spécifique, j'aimerais vraiment pouvoir aborder la montagne en sachant que je vais m'y amuser, comme dans les parcours vallonnés." |
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